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Le projet ASFD

À la fin de 2003 et en 2004, le Service de police d'Ottawa a réalisé un projet de sensibilisation aux agressions sexuelles facilitées par la drogue (projet ASFD) avec l'appui indéfectible de plusieurs organismes communautaires. Le projet ASFD, financé par le Programme de subventions aux collectivités pour la prévention du crime du ministère de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels, a été lancé après qu'une évaluation des besoins, menée en 2003, eut souligné la nécessité de renseigner davantage les citoyens sur l'intensification du phénomène des ASFD.

Les conclusions de l'évaluation ont révélé, entre autres, que le taux de déclaration des viols commis par une connaissance est plus bas que celui de toutes les autres formes d'agression sexuelle. Les estimations varient entre 1 p. 100 (selon la Direction générale de la condition féminine de l'Ontario) et 6 % (selon le Solliciteur général du Canada). Une étude menée pour le compte de ce dernier a relevé plusieurs causes de cette sous-déclaration, dont l'impuissance que ressentent les victimes, leur perception de l'attitude qu'ont les services policiers et les tribunaux envers l'agression sexuelle, la crainte d'être de nouveau attaquées par leur assaillant, la peur et la honte.

Le but du projet ASFD était d'évaluer l'efficacité d'une sensibilisation accrue du public aux principales questions entourant les ASFD : nature et effets des drogues du viol, façon dont elles sont utilisées par les prédateurs sexuels, enjeux dont doivent tenir compte les intervenants d'urgence, et ainsi de suite. La campagne ciblait quatre grands groupes :

  • Les élèves de 14 à 18 ans de trois écoles secondaires. Les jeunes devaient avoir recours à une forme d'expression artistique (p. ex., danse, arts visuels, écriture, vidéo) pour interpréter et expliquer, de vive voix ou au moyen de présentoirs, le dossier des ASFD à leurs compagnons.
  • Les patrouilleurs et d'autres membres du Service de police d'Ottawa. Une séance d'information de trois heures, spécifique au projet ASFD, a permis à ce groupe cible de se renseigner sur différents sujets, dont le monde des raves et des sauteries nocturnes, les drogues chimiques et leurs effets, les problèmes particuliers aux enquêtes sur les ASFD et à la préservation des lieux du crime, les dispositions pertinentes du Code criminel, et les questions entourant la toxicologie et les limites des tests.
  • Les intervenants médicaux d'urgence : infirmières des salles d'urgences, personnel de triage, médecins, etc. Ces personnes ont également participé à une séance d'information de trois heures.
  • Les intervenants et les partenaires communautaires intéressés. Leurs représentants, qui siégeaient au comité régional de la campagne ASFD, ont transmis information et documentation à leurs collègues et vis-à-vis.